Titre: Comme un morceau de sucre solitaire…
Par: Dina Yousri (écrivain d’Alexandrie - Egypte)
Traduit de l’arabe par : Benaissa El Messaoudi (Nador - Maroc)
Par: Dina Yousri (écrivain d’Alexandrie - Egypte)
Traduit de l’arabe par : Benaissa El Messaoudi (Nador - Maroc)
Trois mois me séparent de mes vingt-quatre ans! J’attends ce jour tranquillement et prudemment depuis bien longtemps. Je le sens comme le prolongement de mon ennui que j’affronte en ce moment et que je vaincs par quelques morceaux de musique de Faïrouz…
Je sais que je n’ai pas à mes côtés un amoureux à qui raconter les premiers détails d’un matin répétitif, une tasse de Nescafé, au lieu du café qui affecte mon estomac, tantôt au lait, tantôt amer et sans sucre… Et je me rends compte que je tends instinctivement au goût de l’amertume, que la vie sans tristesse est pour moi un luxe qui ne me convient pas et que les détails du manque et de privation sont le secret de ma fusion avec les autres. Ces détails, que j’ignore volontiers pour le moment tout en étant certaine qu’ils m’inonderont le jour de mon prochain anniversaire, ressembleront exactement à ceux de mes vingt deuxième anniversaires. J’ai tendance à n’aimer que les chiffres impairs, et je considère métaphoriquement le 13 comme mon porte bonheur qui arrive continuellement à contre-courant des désirs des bateaux… Et je décide de l’accompagner d’un morceau de Faïrouz…
Je me mets en colère car je ne suis pas la méchante sorcière pour me procurer cet amoureux en simulant un sourire factice, chose qui ne me dérange pas beaucoup. Je me voue une cachette en attente dans le sein d’une chatte imaginaire que je rêve d’acquérir ; et une fille en moi qui se réjouit encore à la vue d’un avion en papier voguant dans la bleuté du ciel, à lecture d’un beau texte, et une écriture sublime. Et je décide alors de la récompenser d’un morceau de Faïrouz..
Juillet est le mois de ma fête d’anniversaire, c’est-à-dire qu’il est au milieu ; et de ce fait, il ne me permet pas de m’unir à une année complète de ma vie. Juillet s’agrippe à main et me prend dans sa course vers une autre année qui m’attend. Je ne suis ni en janvier pour débuter, ni en décembre pour finir avec lui. Il a pris facilement les détails de ma vie selon l’ordre des mois. Ce qui rend la chose plus absurde encore, c’est qu’une nouvelle année chrétienne se rajoute à une vie d’existence et interfère avec la mienne si bien que je me noie dans une surabondance de détails.. Je déteste la monotonie et j’adore l’anarchie et quelque réflexion minime qui ne me fait pas de mal. J’aime les commencements et je hais les fins ; j’ai un penchant pour les événements qui surgissent soudainement car ils ont cette saveur du gâteau dans la bouche d’un cheval en bois.. C’est pourquoi juillet me convient parfaitement comme une demie joie, une demie tristesse, un demi rêve que je termine avec..
Je déploie autant que possible mes ailes sur le corps de l’avion en papier et je me délecte du départ de mes vingt troisième années. J’assiste en témoin à la chute de ses feuilles comme si c’était l’automne. Je ne sais comment faire pour cacher dans mon sein une chatte qui compte sur ses doigts mon âge, et qui pour compléter le compte emprunte les doigts du cheval en bois m’annonçant ensuite l’avènement de mon anniversaire. Anniversaire que je passerai hélas encore seule ; je frappe alors le sol du pied, déçue, je mords mes lèvres, mon front se ride… et elle vient redorer les traits désordonnés de mon visage par un morceau de sucre solitaire qui me ressemble.. et nous fêtons.f
Oh moi, oh moi, Je suis avec toi, Nous sommes devenus d’étranges histoires,
Oh moi, oh moi, Je suis avec toi, Et mes lettres ont été volées ,
Et ils savent que tu es mon amoureux,
Et ils savent que tu es mon amoureux
Oh moi, oh moi, Je suis avec toi, Et mes lettres ont été volées ,
Et ils savent que tu es mon amoureux,
Et ils savent que tu es mon amoureux
Je sais que je n’ai pas à mes côtés un amoureux à qui raconter les premiers détails d’un matin répétitif, une tasse de Nescafé, au lieu du café qui affecte mon estomac, tantôt au lait, tantôt amer et sans sucre… Et je me rends compte que je tends instinctivement au goût de l’amertume, que la vie sans tristesse est pour moi un luxe qui ne me convient pas et que les détails du manque et de privation sont le secret de ma fusion avec les autres. Ces détails, que j’ignore volontiers pour le moment tout en étant certaine qu’ils m’inonderont le jour de mon prochain anniversaire, ressembleront exactement à ceux de mes vingt deuxième anniversaires. J’ai tendance à n’aimer que les chiffres impairs, et je considère métaphoriquement le 13 comme mon porte bonheur qui arrive continuellement à contre-courant des désirs des bateaux… Et je décide de l’accompagner d’un morceau de Faïrouz…
Oh moi, oh moi, l’été s’est enfui ainsi que les belles grappes de raisins,
Et si l’amour me perd un certain été, Tu me retrouveras avec toi dans ton cœur,
Et cache moi et ne me cache pas,
Et cache moi et ne me cache pas
Et si l’amour me perd un certain été, Tu me retrouveras avec toi dans ton cœur,
Et cache moi et ne me cache pas,
Et cache moi et ne me cache pas
Je me mets en colère car je ne suis pas la méchante sorcière pour me procurer cet amoureux en simulant un sourire factice, chose qui ne me dérange pas beaucoup. Je me voue une cachette en attente dans le sein d’une chatte imaginaire que je rêve d’acquérir ; et une fille en moi qui se réjouit encore à la vue d’un avion en papier voguant dans la bleuté du ciel, à lecture d’un beau texte, et une écriture sublime. Et je décide alors de la récompenser d’un morceau de Faïrouz..
Tes nuits dans mes yeux illuminent les fenêtres,
Prends-moi mon amour, prends-moi dans tes nuits,
et je dis n’oublie pas, de ne jamais oublier quand tes yeux me prennent et me vouent à tes nuits
Prends-moi mon amour, prends-moi dans tes nuits,
et je dis n’oublie pas, de ne jamais oublier quand tes yeux me prennent et me vouent à tes nuits
Juillet est le mois de ma fête d’anniversaire, c’est-à-dire qu’il est au milieu ; et de ce fait, il ne me permet pas de m’unir à une année complète de ma vie. Juillet s’agrippe à main et me prend dans sa course vers une autre année qui m’attend. Je ne suis ni en janvier pour débuter, ni en décembre pour finir avec lui. Il a pris facilement les détails de ma vie selon l’ordre des mois. Ce qui rend la chose plus absurde encore, c’est qu’une nouvelle année chrétienne se rajoute à une vie d’existence et interfère avec la mienne si bien que je me noie dans une surabondance de détails.. Je déteste la monotonie et j’adore l’anarchie et quelque réflexion minime qui ne me fait pas de mal. J’aime les commencements et je hais les fins ; j’ai un penchant pour les événements qui surgissent soudainement car ils ont cette saveur du gâteau dans la bouche d’un cheval en bois.. C’est pourquoi juillet me convient parfaitement comme une demie joie, une demie tristesse, un demi rêve que je termine avec..
Ils m’ont laissé, laissé sans sommeil et l’amant ploie ses ailes,
ils ont laissé leur nom aux portes des livres de larmes et sont partis,
ils nous ont oubliés et se sont apaisés,
ils nous ont oubliés et se sont apaisés
ils ont laissé leur nom aux portes des livres de larmes et sont partis,
ils nous ont oubliés et se sont apaisés,
ils nous ont oubliés et se sont apaisés
Je déploie autant que possible mes ailes sur le corps de l’avion en papier et je me délecte du départ de mes vingt troisième années. J’assiste en témoin à la chute de ses feuilles comme si c’était l’automne. Je ne sais comment faire pour cacher dans mon sein une chatte qui compte sur ses doigts mon âge, et qui pour compléter le compte emprunte les doigts du cheval en bois m’annonçant ensuite l’avènement de mon anniversaire. Anniversaire que je passerai hélas encore seule ; je frappe alors le sol du pied, déçue, je mords mes lèvres, mon front se ride… et elle vient redorer les traits désordonnés de mon visage par un morceau de sucre solitaire qui me ressemble.. et nous fêtons.f
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